Jeudi 22 janvier 2015

15.44

     Du soleil, et je suis de bonne humeur, du moins mieux disposé.

     J'ai repris la lecture du Théatre de Marcel Aymé. " Les quatre vérités " - 1954 - Une famille règle ses comptes et chacun avoue ses fautes avec délectation... ( scène 4 ).

    Le père Alfred Trévière qui joue les soumis, les ternes, le minus débonnaire et le chasseur de papillons, en vérité il les achète dans une boutique, s'écrie hilare :

   " Le fameux papillon que j'ai attrapé cet après-midi au bois, si vous aviez vu cette poitrine et ces yeux ! et ces cuisses ! Hier à cette heure-ci, j'étais encore dans les bras d'une petite dactylo qui avait une figure d'ange."

     J'adore ce théatre bien écrit, d'un autre âge, truculent et d'actualité, moi je baisse la tête je ne vais pas qu'à la chasse aux papillons à l'heure de Redtube et de youporn - mais l'on s'en lasse - et d'ailleurs hein ! et les femmes ! madame Lucie Trévière ne devient-elle pas folle déclarant soudain avoir " des remords de la chair " et eu le désir d'être étreinte par son gendre et d'ajouter ;

   " Je voudrais tant connaître le désir ! Quelquefois, quand je suis sûre d'être seule, je dis à haute voix des mots orduriers, comme s'ils avaient le pouvoir de m'ouvrir un chemin vers la volupté. Ah ! la volupté ! "

    Et j'en sais des femmes, aujourd'hui, oui des ... qui souhaitent toujours se pâmer dans une volupté indicible, jusqu'alors refoulée, réfrénée, ou qui fut mal vécue. Mais il est temps ... Il n'est que temps .. je parierais que la femme de Paul *** est de celle-là d'autant qu'elle fût religieuse jadis ...

     Mais la volupté n'est pas un péché.

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